Le vrai et la copie dévoyée

L

Il est des questions politiques et idéologiques peu pertinentes. Parmi celles-ci, le dévoiement réel ou supposé de certains concepts, de certaines idées.

Nombre d’étudiants ont eu en Histoire une khôlle avec pour sujet « Vichy, rupture ou continuité dans l’Histoire de France ? ». D’autres ont pu émailler les cours et les débats ça et là : le communisme tel qu’appliqué en URSS est une version dévoyée du marxisme, le salafisme / le wahabisme,… ça n’est pas le « vrai » islam, les nazis ont mal interprété Nietzsche, qui des catholiques, des orthodoxes ou des protestants sont les « vrais » chrétiens ? Pourquoi y’a-t-il des catholiques – par exemple – dans tous les partis politiques, qui arrivent chacun à justifier leur engagement par leur foi ?… Les exemples ne manquent pas.

Les réponses que l’on peut donner sont multiples. Pourtant, l’approche qui, à mon sens, est la plus pertinente, est celle qui renverse la question. Il ne s’agit ainsi pas de savoir si telle vision est une version dévoyée de la version originelle, si tant est qu’elle existe, mais qu’est-ce qui, dans la version originelle permet de justifier l’apparition de cette « nouvelle » version. Ainsi, quels sont les éléments qui, dans la politique menée en URSS, sont effectivement présents dans la pensée de Marx.

Si, pour les questions religieuses, la mise en place/ la prise d’un référentiel défini pour baliser la réflexion est plus aisée, il en est autrement sur d’autres sujets, dont la paternité est moins évidente – ou dont les contours sont flous.

A propos de l'auteur

Clément Delaunay
Par Clément Delaunay

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